Письмо директорам о франко-российском сотрудничестве СВФУ

Скачать
Письмо директорам о франко-российском со
Adobe Acrobat документ 328.8 KB

Скачать
Буклет КИЯ.pdf
Adobe Acrobat документ 743.4 KB

Arold Mauger

06 mai 2018

Je repense chaque jour à Khamagatta. La générosité de ses habitants, l’immensité de ses paysages, les saveurs des plats traditionnels et la simplicité de la vie me reviennent à l’esprit.

Ces trois mois à Khamagatta ont changé ma vie. Bien sûr j’ai d’une part beaucoup appris sur la culture yakoute à travers la musique avec le хомус, le théâtre Олонхо, les danses à la fête de la Строганина, les musées de Yakoutsk et des villages alentours (Нам, Хамагатта, Уедей) et la gastronomie. J’ai d’autre part eu la chance de pouvoir participer à d’autres activités bien plus rustiques: avec les hommes du village, nous sommes partis faire les réserves de glace sur le fleuve Léna, pour ensuite avoir de l’eau potable. Une expérience incroyable.

J’ai participé à la fête du professeur avec toute l’équipe enseignante du lycée, et nous avons organisé toutes sortes de jeux (épreuve de force, jeux par équipe, jeux musicaux, danses) et cela a été pour moi l’occasion de chanter la chanson yakoute « Хоптолор » que je connaissais avant mon arrivée.

Comment oublier la balade en motoneige pour aller voir les chevaux dans le « Танхай » avec Serge. Cette excursion a été pour moi une des plus incroyables qu’il m’ait été donné de faire. La fête du début de l’hiver à Yakoutsk était aussi incroyable: l’illumination des immenses sapins de la place Lénine et la place du théâtre, la fête du poisson Строганина et les épreuves sportives auxquelles participait Октябрь,le professeur de sport du Lycée.

Il y a bien d’autres activités: concours de Miss à Namtsy, spectacles et concerts dans la salle des fêtes de Khamagatta, la fête pour les 100 ans de la Révolution russe, l’intervention dans l’un des principaux lycées de Yakoutsk avec la rencontre de la journaliste française, la « fête du lait » au jardin d’enfants, la rencontre avec les éleveurs de chevaux de course et toutes les autres visites dans les villages alentours, je pourrais écrire un livre si je décidais de détailler toutes ces activités. Cependant il m’est impossible de terminer ce texte sans mentionner le Lycée sakha-français de Khamagatta.

Je suis infiniement reconnaissant envers le Lycée sakha-français de m’avoir choisi l’année dernière pour faire partie de cette aventure incroyable. J’enseignais donc le français aux jeunes sakhas. J’utilisais beaucoup la musique, les jeux, les dessins animés et nous avons réalisé deux très beaux projets avec la 9ème, 10ème et 11ème classes puisque nous avons réalisé un « cours de langue sakha pour francophone » en format vidéo, où les étudiants présentent les expressions courantes et le vocabulaire sakha traduit en français. De plus, nous avons réalisé la vidéo « Comment vivent les sakhas ? » avec les voix des élèves en français et des extraits des vidéos les plus représentatives de la culture sakha à Khamagatta : nous y montrons le lycée, la nourriture, les costumes traditionnels, le хомус (instrument), les plats sakhas, l’accumulation de la glace pour l’eau potable et bien d’autres ! Les sous-titres sur la vidéo sont en russe afin que les parents d’élèves puissent la comprendre. C’était un formidable projet.

En plus de mon travail comme professeur de français, j’ai eu la chance de pouvoir enseigner le français à quelques professeurs du lycée qui assistaient régulièrement aux cours. J’ai de plus proposer de ma propre initiative, de faire une initiation à la langue espagnole aux étudiants intéressés. Nous avons d’ailleurs réalisé la même vidéo sur la culture sakha, mais cette fois en espagnol avec la voix des élèves et nous avons même intégré un cours de langue sakha pour hispanophones à la fin de la vidéo.

Pour finir, avec l’aide précieuse d’Elisabeth et Olga, nous avons travaillé deux pièces de théâtre en français avec 4ème et 7ème classes. Les parents ont beaucoup participé à l’élaboration des costumes et des décors. Nous avions organisé des répétitions hebdomadaires avec les étudiants. La pièce a été présentée aux parents d’élèves et par la suite, la 7ème classe est allée à Yakoutsk pour justement présenter cette pièce au festival de la Francophonie. Ces projets ont permis aux étudiants de pratiquer le français en dehors des cours traditionnels et je suis certain que tout le monde était très fier du résultat final.

Comme j’ai ri. Comme j’ai donné de mon énergie et comme je suis fier des élèves du lycée. Comme je suis heureux d’avoir participé à l’enseignement du français au Lycée sakha-français de Khamagatta.

Il y a tant de choses à voir, à faire, à découvrir. J’y retournerai c’est certain. En été cette fois, et j’aurais l’immense plaisir de retrouver ses habitants si chaleureux, si bienveillants, auxquels je pense encore chaque jour.

Arold Mauger

 

Professeur de français d’octobre à décembre 2017

Video Arold Mauger


Guillaume Costille

Khamagatta 9 mai 2018 souvenirs de Guillaume

                                                                                                       Erevan, 09.05.2018

 

 

Décembre 2016... je sors de l'école du village de Khamagatta. Sous mes pieds, la neige s'enfonce craquelante. Scintillante quelques semaines plus tôt à la même heure, elle se dissimule désormais au creux du jour nocturne du grand Nord, et moi, emmitoufflé dans mes vêtements d'hiver et dans ce silence rompu par la neige, j'écoute son chant discret évoquant en moi quelque écho d'une atmosphère lunaire. Sur le chemin, je croise des lycéens aux yeux bienveillants et rieurs, aux cils parés de cristaux, qui me saluent en français.

 

Cela faisait huit ans que j'avais eu vent de l'existence de la Yakoutie et que je souhaitais découvrir ce pays et rencontrer ses habitants. En quelque sorte, arriver à Khamagatta en Yakoutie aura été un peu comme s'aventurer dans un “huitième continent”. Je n'y ai passé que trois mois à la fin 2016, mais de nombreuses impressions resteront gravées à jamais dans ma mémoire. On dit que ce sont les gens qui font le lieu, et c'est aussi le cas ici. Au lycée sakha-français, j'ai eu la chance de rencontrer une superbe équipe, dévouée aux élèves et à leurs spécialités, un collectif ayant à coeur le développement harmonieux de tous dans la joie, l'étude et la bonne humeur.

 

A tous les francophones qui souhaiteraient découvrir la Yakoutie, je ne vous recommanderai jamais assez de tenter l'aventure. Vous serez accueilli magnifiquement et vous aurez l'occasion de développer toutes sortes de projets, selon vos envies et vos savoir-faire. Les Yakoutes sont friands de nouvelles rencontres et aiment se confronter à de nouveaux regards, de nouvelles pratiques. Il y a bien sûr de nombreuses choses à découvrir en Yakoutie, et les habitants partagent avec enthousiasme leur culture ancestrale et l'impressionnante nature qui les entoure.

 

Quelques images m'accompagnent depuis ce séjour, comme le dévouement des professeurs, parents d'élèves et élèves pour mener à bien toute sorte de projet, qu'il s'agisse de travaux de construction, de sortie scolaire, d'événement culturel ou encore de projet artistique. Quelques souvenirs pêle-mêle : par une journée de grand froid, j'ai été invité chez un vieux couple chaleureux et rayonnant de bonheur à manger (notamment du poisson cru gelé si délicieux) et à faire un tour en traîneau tiré par des chevaux qui résistaient je ne sais comment aux températures ; j'ai eu la chance d'aller au théâtre national à Yakoutsk pour assister à une performance extraordinaire d'originalité et de qualité ; j'ai pu apprécier le travail titanesque en traduction d'Elizabeth, auquel elle associe des élèves, pour diffuser la culture traditionnelle yakoute ; j'ai pu découvrir des éléments de culture ancestrale dans la maison yakoute grâce à l'association de culture traditionnelle du village, avec la cérémonie de la cendre, les chants ou encore les jeux traditionnels ; j'ai eu l'honneur d'être invité par des parents d'élèves à accompagner les hommes sur la Léna pour en tirer des blocs de glace ou encore faire une tentative de pêche (je marchais le long du fleuve inlassablement car mes bottes me protégeaient mal du froid mais je garde un excellent souvenir de cette “randonnée fluviale” !) et puis les sourires, les rencontres, les long toasts, les soirées ludiques, et les élèves, bien sûr, en classe et ailleurs, les yeux pétillants des plus jeunes, les craintes et les espoirs des plus âgés qui se projettent déjà dans le futur de leur vie d'adulte.

 

Encore un grand merci à Elizabeth et à toute l'équipe pour m'avoir permis de vivre cette expérience et de prendre part modestement et brièvement à la vie de l'école, du village et de la Yakoutie

 

                                             Guillaume Costille,

(Professeur de français d’octobre à décembre 2017 à Khamagatta )

 

Professeur de français à l’Alliance française d’Erevan Armenie 2018 


Marie Mespoulet

Marie Mespoulet, avril 2018

Qui êtes vous ?

Je m’appelle Marie, j’ai 61 ans je suis française et j’habite juste à côté de Paris. Je suis retraitée, j’étais ingénieure en mécanique dans une entreprise de voiture française Renault. “J’aime voyager pour rencontrer les femmes et les hommes avec qui je partage cette planète que nous devons protéger

Comment avez-vous connu Khamagatta ?

J’ai connu Khamagatta par une amie Francine Aubry que vous connaissez bien dans votre village et avec qui je travaille sur des projets humanitaires.

Qu’avez-vous fait cet hiver ?

J’étais assistante bénévole en français pour à école Sakha – française. Votre école est à taille humaine ce qui est une grande chance pour les élèves et leurs professeurs. Elle est jolie avec de bons équipements, un très beau Gymnase et bientôt un terrain de sport. Il manque juste une classe d’art plastique je vous fais confiance pour trouver un lieu.

Pendant les vacances scolaires, ou êtes vous allée ?

Fin mars je suis allée à la fête d’Oymiakon, plus précisément dans le village de Tomtor. J’y ai rencontré bien sûr la culture Yakoute mais aussi et pour la première fois la culture au village Evene. Le nord m’attirant je suis allée à Topoline très beau village dans les montagnes. Les paysages du Nord sont grandioses unique au monde, ont y respire  l’immensité.

Ce qui vous plait en Yakoutie et ce que vous n’aimez pas ?

Ce qui me plaît le plus en Yakoutie et en Sibérie ce sont les rapports que les gens ont avec la nature. Vivant dans une très grande ville nous oublions parfois que nous faisons aussi partie de la nature.

J’aime la délicatesse de vos remerciements envers la nature en déposant par exemple trois petits pains ou en nouant des rubans aux branches d’arbres à Chamane. C’est avec grand plaisir et respect que j’ai moi aussi fait ces gestes pour certains événements.

Ce que vous n’aimez pas ?

Je dois vous dire que je n’aime pas trop la soupe et que je ne mange pas de cheval ni de poisson cru. Je n’ai jamais eu froid.

Le bilan de trois mois a Khamagatta ?

Je voyage pour rencontrer les femmes et les hommes avec qui je partage cette planète que nous devons protéger. Je voyage toujours seule et en transport collectif, ce n’est pas compliqué ni courageux juste mettre un pied devant l’autre et partager le quotidien.

Vous avez un beau pays prenez en soin comme l’un de vos enfants. Je voudrais remercier toutes les gens que j’ai rencontré, toutes les femmes et les hommes avec qui j’ai partagé des danses, qui m’ont expliqué des gestes d’artisanat qui m’ont offert de magnifiques repas, la pêche sur la Léna, le voyage magnifique et joyeux aux piliers de la Léna avec les professeures, les fêtes, votre très belle langue......

Je n’oublierai pas le bruit de mes pas pendant mes promenades dans la neige pour aller voir les chevaux.

 

Merci aussi aux enfants qui m’ont fait comprendre sans le savoir ce que Khamagatta demain pourrait être.


Victor Le Cam

Victor Le Cam - professeur de français de mars à mai 2014 à Khamagatta

 

Yakoutsk, le 13mai 2018

     J'ai eu la chance d'effectuer un stage de 3 mois au lycée sakha-français de Khamagatta de mars à mai 2014. Je n'avais jamais entendu parler de la Yakoutie avant de tomber par hasard sur cette offre de stage. Mon séjour à Khamagatta a été pour moi une aventure inoubliable, en écho à certains de mes rêves d'enfant les plus chers. Si les différences de modes de vie et de cultures par rapport à la France m'ont tout d'abord surpris, c'est l'hospitalité des villageois et du collectif du lycée dont je me rappelle aujourd'hui encore avec le plus de plaisir. Ainsi, tout a été fait pour que, même à des milliers de kilomètres de mes proches, je ne me sente jamais seul. Et, malgré un climat un peu extrême pour un français, ces 3 mois passés à Khamagatta sont et resteront au panthéon des plus beaux jours de ma vie !

Victor Le Cam

professeur de français de l’Université fédéral de Yakoutsk